Esthétisme asiatique

Quand on voit le travail de Cynthia, on confond parfois avec une composition qui viendrait de l’Asie. 

C’est étrange, car elle n’est jamais partie là bas.
Pourtant, il y a quelque chose dans sa façon de composer qui se rapproche de l’esthétisme des estampes japonaises ou de la calligraphie chinoise.
C’est sans doute parce qu’elle s’est intéressée à la philosophie du trait, une forme d’initiation à cet art très exigeant de la calligraphie au bambou et à la plume.

C’est peut-être en découvrant cette philosophie qu’elle a commencé à comprendre que la danse et le dessin au fond, n’était qu’une même facette à un art : celui d’écrire.
Ecrire à l’encre ou écrire dans l’espace, utiliser le vide pour faire sens par une inflexion, un trait, un appui, un accent.

"écrire à l’encre ou écrire dans l’espace"

C’est une étape importante dans son processus créatif et elle creuse alors la question de la calligraphie chinoise. 

Elle en conçoit une méthode originale, un kit en plexi composés de différents traits pour dessiner des formes libres ou reproduire des caractères chinois. 

Elle reçoit le prix du Salon Eureka pour ce kit qui encourage les pédagogies innovantes. L’idée est de lâcher prise, apprendre à libérer la spontanéité du geste pour faire émerger la créativité en chacun de nous. 

Les outils sont simples et beaux et les résultats des participants sont graphiques ou poétiques

En découvrant leur premier jet, ils comprennent déjà mieux ce qui les anime au plus profond d’eux-même.

Cette approche asiatique se retrouve encore dans le sens des compositions actuelles de Cynthia, elle laisse toujours parler le vide autour de ses graphismes. 
L’équilibre est alors vibrant et suspendu, en aucun cas il ne saurait être carré ou massif. Un esthétisme asiatique.

Tamara Louis